🌸Lors d'un thalasso bain bébé, j'ai rencontré une famille qui m'a bouleversée, par leurs émotions, mais aussi parce que ces émotions, je les ai connues également.

Lors de nos échanges, la maman est très émue et m'explique que la grossesse et l'accouchement se sont bien passés mais qu'elle a été très angoissée pendant toute la grossesse.

Je prends le temps, écoutes et cherches à comprendre d'où est venue cette angoisse. Papa prend la main de sa femme pendant qu'elle m'explique qu'avant ce bébé, il y avait eu une autre grossesse qui s'était arrêtée au cours du 3e mois suite à une fausse couche. Puis, maman me dit les larmes aux yeux, des mots qui me bouleversent: "mais je n'ai pas à me plaindre, c'était le début, cela arrive à beaucoup de femme ; et puis le gyneco m'a dit que ce n'était rien, que c'était le corps qui se met en route"
A l'intérieur de moi, les émotions tourbillonnent!
 
Ces mots me bouleversent, car ces mêmes mots, je les ai aussi entendus !
 
Et bien d'autres encore, comme: "tu en feras un autre", "c'était le début, c'est pas grave". Certainement des mots maladroits, qui n'ont pas été dit pour blesser mais pour essayer de réconforter mais des mots qui font mal. Parce que oui, c'était le début, oui, cela arrive, oui il y aura peut-être d'autres enfants et il y en a peut-être déjà d'autres, mais à ce moment là, ce n'est pas ce qu'on a envie d'entendre ! Ce bébé, on l'a souhaité, rêvé, imaginé, on s'est projeté, il a déjà une place dans notre cœur et il comptait ! Et au moment où tout s'arrête, notre corps, notre âme se déchire.
Tristesse, injustice, colère, culpabilité, sentiment de vide et bien d'autres sentiments s'emparent de nous. Pour nous, maman, mais aussi pour le 2e parent ! Avec en plus, un sentiment d'impuissance souvent, devant la souffrance de sa conjointe. Il faut faire un deuil ! Plus ou moins long, selon les personnes et la situation. Il faut pouvoir en parler, en couple, mais aussi avec le monde, avec des professionnels également. Il faut pouvoir passer par toutes les étapes, pouvoir vivre toutes ces émotions sans avoir l'impression que notre souffrance n'est pas justifiée et devoir refouler notre tristesse.
 
Et peut-être que lors de votre prochaine grossesse, la peur viendra se mêler à la joie, et vous pourrez en parler: aux professionnels qui suivent votre grossesse, en couple, à ce petit bébé...
 
Mon rôle à ce moment a été d'écouter, d'accompagner, d'essayer de trouver les mots justes, qui reconnaissent la souffrance, qui reconnaissent l'existence de cet enfant, les mots qui viennent du coeur...
 
Je garderai un souvenir indélébile de cette rencontre...
 
Et pour terminer, je vous dirai ces quelques mots, à vous, à toutes les familles qui ont vécues cela: vous avez le droit d'éprouver tout ces sentiments, et c'est normal de les éprouver... Et ils doivent être reconnus, entendus, vous avez le droit d'aller à votre rythme ans ce ourbillon émotionnel et vous pouvez trouver des personnes qui sauront vous écouter et vous accompagner , vous soutenir si vous en ressentez le besoin.
 
Séverine, FamilySens